Paysages et Poèmes par Erreur
 

Chanson - Victor HUGO
Une allée du Luxembourg - Gérard de Nerval
Le dormeur du val - Arthur RIMBAUD
La terre est bleue - Paul ELUARD
Paysages et poèmes par erreur - Sylvie Goutte Baron
 Chanson d'automne - Paul VERLAINE
Harmonie du soir - Charles BAUDELAIRE
Le poète et la foule - Théophile GAUTIER
 
Le cancre - Jacques PRÉVERT
Spleen - Charles BAUDELAIRE
Le pont Mirabeau - APOLLINAIRE
La chanson du Mal-aimé - APOLLINAIRE


 

Extraits :

C'est un pays où je vais quelquefois
c'est assez simple
Les roches sont entre mer et ciel
Alors je sais que je peux arriver n'importe quand
de n'importe où 
et je ne préviens pas
Le paysage
attend
Il y a des brumes mais ça n'a rien à voir
Je vais dans le blanc
dans la plus petite parcelle de blanc
pour cacher ma tristesse
moi
Les roches le savent et sont patientes
C'est un pays très sage
Où sont passées toutes les tempêtes de la création
un pays d'après non pas au-delà
Lorsque je sors je les contemple avec
joie
De plus loin
la profondeur est une étagère
elle est partout dans la surface
Le phare en haut est à gauche
Avise les esquifs et c'est rude et c'est
noir et c'est comme la mort
Moi je me joue dans les récifs
Au milieu je ne sais pas si quelque chose
Est possible encore possible
Il y tant à voir au-dessus de ce lac si calme
où le ciel a percé le soleil
pour me donner un peu le goût de
Vivre j'irai me sécher dans l'arbre



De la musique,
il fallait de la musique
pour que les signes apparaissent
Je l'ai compris
plus tard

d'abord les pointes de la neige
dans l'espace ça n'a pas le même sens
c'est possible que quelque chose vienne de là
la neige
de ce qui appelle le silence et me fait rire
ou les oiseaux
composition préliminaire aux oiseaux je l'appelle
pas des étoiles
je suis désolée
pas encore

on dirait une conjuration
un ballet précoce pour
tout ce qui va arriver et se met en place verticalement
et obliquement
agité cependant comme avant une fête intérieure
sans opposition sans accent
c'est Babel même si sombre

Dans le coin de paille où je nomme l'instant
L'alphabet c'est de la musique
Les grammes c'est de la neige
En bas vers la gauche il y a l'empreinte d'un mot que je ne connais pas
le bâtisseur là haut on ne voit pas
a lancé son fil
dans l'absurdité de l'univers
pour qu'il tienne
debout ? 
J'espère debout mais le pinceau peut tout effacer n'est-ce pas
vous
qui savez je
rentre à nouveau pas de question pas de
fin pas de fin à la neige
 

C'est d'abord une forme
Un rectangle dans lequel il y a
Il pourrait y avoir 
ma volonté
un rêve
je crois de gris 
et dans le rêve une eau sombre des grands froids
Une aurore je rêve
une aurore boréale

Träumen veut dire ce que je ne veux pas
Träum schön est plus doux
c'est un lac
où s'engloutit la nuit on ne veut pas dormir

Il y a un oiseau en bas
C'est étrange
L'oiseau avec des yeux
mais il n'est pas dans l'eau, 
explique à la forêt
devant,
Ce qu'un lac avec quelque chose dedans peut faire
Quelque chose sans nom
qui monte à la surface
pour se coiffer
possible.

Et là-bas, tout au fond
les neiges appellent l'ordre
une illusion de blanc de soleil et de lune

Je vais dormir je réfléchis
une question de vie
Je vais bien

Sylvie GOUTTE BARON